gordon harrison nature flamboyante – TRACES magazine – septembre 2012

Coup de cœur TRACES Magazine | Par Annie DEPONT | 14 septembre, 2012

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En flânant à travers les allées du quinzième Symposium de peinture de Prévost, j’ai été arrêtée par des couleurs éclatantes, mais non criardes, une nature suggérée, mais non reproduite, un style éloquent et récurrent sans répétition. Une patte élégante et forte. Un grand travail d’artiste.

Je venais de découvrir l’art de Gordon Harrison. En le transposant dans des tons de gris, on pourrait penser à du Cosgrove, mais avec une perspective plus ouverte, plus aérée. C’est là que la notion d’architecture du paysage, qu’il a étudiée, entre en jeu.

Cherchant à en savior un peu plus, j’attrape de la documentation sur la table du kiosque à Prévost. Là aussi, le travail est bien fait, sans ostentation. Des images de qualité, des textes bien écrits, une belle présentation, simple, efficace. Aucun « Moi, je… » — « I am the best… »

Mark Anderson, dans l’Ottawa Citizen, écrivait en 2009: « On l’a surnommé le huitième membre du Groupe des Sept. Gordon Harrison a vraiment planché pour éviter le cliché de l’artiste luttant toute sa vie contre la pauvreté et l’anonymat… Il continue plutôt de perfectionner son art, sans relâche, et de démontrer qu’il a tout le potentiel nécessaire pour devenir l’un des plus grands artistes peintres canadiens. Il est d’ailleurs bien déterminé à atteindre ce but. »

Et il s’offre néanmoins à un large public, ne négligeant pas les expositions telles que celles de Prévost en juillet et de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson (La Frarandole) en août. Il propose des stages en résidence, chez lui, dans les Laurentides. La tour d’ivoire n’est pas son fort…

C’est la raison d’être de TRACES, au bout du compte, de souligner la présence dans notre région de quantité d’artistes de grande envergure. Nous les côtoyons peut-être à l’épicerie sans savoir que nous frôlons des génies. Ils ne vous demandent pas, eux: « Tu me la fais à combien, ta front? » Ils tracent leur image à travers leur art et non pas l’inverse. Quand je contemple une toile, je ne veux pas être dérangé part un sourire mercantile ni par un « Laisse-moi t’expliquer comment j’ai fait ce chef-d’oeuvre… ».

Donc, le coup de coeur TRACES Magazine au 15e Symposium de peinture de la gare de Prévost est… Gordon Harrison. Visitez gordonharrisongallery.com et prenez votre souffle, car le parcours ainsi que le travail accompli sont marathoniens.